EN ENTREVUE, NE PAS IMPROVISER

Le 3 mars en avant-midi, Catherine Perrin à la radio de Radio-Canada faisait une entrevue sur l’improvisation avec des joueurs de la LNI : Salomé Corbo, Sophie Caron, Arnaud Soly ainsi qu’une élève du secondaire qui découvre le jeu depuis peu, Rosaly.

La cause est noble, le 4 mars, c’est la journée mondiale de l’impro. Ce que j’ai appris en même temps que Salomé en écoutant la machine qu’a inventé Popov. La méthode, toutefois, m’a fait réfléchir. Pendant l’écoute, je me suis senti mal pour une énième fois pour les interviewés dans ce genre d’entrevue. S’en suit la réaction que vous lisez actuellement.

Message aux journalistes des futures entrevues avec des improvisateurs : ne les faites pas improviser, surtout si vous n’avez pas établi avec leurs consentements qu’ils improviseront en direct. Et si vous sentez qu’il y a quelconque malaise quand vous faites votre requête, revenez sur-le-champ sur votre demande. Des gens mal à l’aise, c’est malaisant pour tout le monde. Je vous garantis que vous n’obtiendrez jamais le meilleur de quelqu’un si vous le forcez à créer. Ça prend un contexte, une convention pour improviser. Après tout l’improvisation est une discipline. Qui plus est, comme toute discipline, il faut se mettre dans un état pour la pratiquer. Il faut le réchauffer, l’étirer et le réveiller le muscle principal de l’improvisateur, le cerveau.

FAITES-LES PARLER, POINT

Ils ont plein de choses intéressantes à dire. Par exemple dans l’entrevue de Salomé Corbo dit « les caucus, c’est surfait, surévalué ». Profitez-en donc pour creuser cette affirmation parce que les façons de voir le jeu ont changé depuis plusieurs années. Au Québec, plusieurs initiatives, dixit « plusieurs branches », tentent de sortir de cette boite qui est bien imprimée dans l’imaginaire québécois (Le Match). Quelles sont ces branches? Intéressez-vous à celle-ci s’il vous plaît. Quand on parle d’essayer de se renouveler à chaque spectacle, l’avenir de l’improvisation au Québec est là dans ces branches. Ça devrait être ça le contenu de vos topos.

Trois branches, parmi tant d’autres. La LNI s’attaque au classique en est une. Les différentes offrent des Productions de l’Instable en sont d’autres, ils ont même un podcast qui s’appelle « Pas d’impro », t’sais! Et ce que je fais avec Le Club d’impro (TURBO, Les Formes Longues et Le Secret) c’est aussi autre chose. Je nomme que ceux-là pour le moment. Si vous fouillez, vous en trouverez d’autres. Ou encore, demandez-le-moi, j’en connais plein; j’en ai fait mon métier.

Une émission de cuisine présente comment les plats sont cuisinés. L’écran ou juste le son de la radio n’est pas suffisant pour transmettre les goûts et odeurs de la création. Faisons la même chose avec l’impro. C’est un gros mixte entre de la philosophie, de la psychologie, de l’humour et bien plus. Découvrons les différentes méthodes et réflexions derrière la pratique de ces artisans, je vous jure que c’est intéressant.

PETITE HISTOIRE RAPIDE

Y’en a tellement à dire sur la patente. Personnellement, j’ai envie qu’on sache d’où ça vient, pour savoir où se situe notre pratique pour mieux savoir vers où on semble aller. J’essaie de vous dresser rapidement l’histoire de l’impro. Corrigez-moi si je me trompe.

Les premières formes d’improvisation théâtrale sont associées à la commedia dell’arte au 16e siècle.

1950

Dans son histoire récente, l’improvisation a bâti son histoire dans les années 50 grâce notamment aux bases proposées par Viola Spolin. Travailleuse sociale à Chicago, elle travaillait avec des immigrants et les amenait à échanger et communiquer avec des exercices de théâtre qu’elle dénudait de texte où naissait l’improvisation. Un outil de développement humain fort puissant. Il n’est pas faux de croire que l’improvisation sert parfois aux mésadaptés sociaux.

1960

Le fils de madame Spolin, Paul Sills, a fondé en 1959, Second City qui est aujourd’hui une référence dans le domaine aux États-Unis. Aujourd’hui, leur pratique met l’improvisation, en partie, au centre de la création à des fins non improvisées, des sketchs, saynètes, numéro humoristique.

1970

Arrive dans le portait, dans les débuts 70, Keith Johnstone à qui certains attribuent les premières formes de compétition en improvisation. Des rumeurs disent que c’est devant des très petits groupes qu’il formait deux équipes avec ses élèves pour les pousser à offrir le meilleur d’eux même en atelier.

D’autres sources disent que les premières formes d’improvisation compétitive auraient vu le jour en 1974 avec les Canadian Improv Games dans des évènements sporadiques. Jusqu’à leur constitution officielle en 1977, la même année de la création de la Ligue nationale d’improvisation au Québec. Aussi, la même année, monsieur Johnstone, mettait sur pied le Theatresports.

L’œuf avant la poule ou la poule avant l’œuf; qui a invité quoi? Je pense que le débat n’est pas nécessaire. Imaginons que les trois ont pris un café ensemble pis qu’ils se sont dit allons faire ça chacun chez nous et voyons ce que ça donne.

1980

Ensuite dans les années 80, Del Close et Charna Halpern quittant Second City ont fondé ImprovOlympic maintenant connu sous IO pour mettre de l’avant l’improvisation comme discipline à part entière. D’ailleurs, le format le plus joué sur la planète, ce n’est pas Le Match, mais le Harold crée par Del Close.

La suite

Elle s’écrit actuellement, les choix sont multiples. Soyons curieux!